Abidjan, — La Côte d’Ivoire franchit une étape structurante dans l’organisation des arts vivants avec l’adoption de l’Arrêté n°750/MCF/CAB du 14 octobre 2025, déterminant le régime applicable aux entrepreneurs de spectacles vivantssur le territoire national. Le texte, officiellement présenté le 23 décembre 2025 à Abidjan, vise à doter le secteur d’un cadre juridique plus clair, sécurisé et modernisé.
Cette réforme marque un tournant pour un secteur en pleine croissance, porté par le dynamisme culturel ivoirien, l’expansion des événements privés et publics, ainsi que la montée en puissance des nouvelles habitudes de consommation (paiements digitaux, billetterie mobile, contrôle d’accès). Le ministère de la Culture et de la Francophonie ambitionne désormais de renforcer la professionnalisation du marché, en alignant les pratiques sur des standards plus exigeants.
Des licences catégorisées pour structurer le marché
Parmi les principales innovations, le texte met en place une catégorisation des licences selon le rôle des opérateurs dans la chaîne de valeur du spectacle vivant. Trois catégories sont évoquées :
- Licence A : exploitants de salles / lieux de spectacles
- Licence B : producteurs de spectacles
- Licence C : diffuseurs
Cette logique de segmentation permet de clarifier les responsabilités de chacun et d’encadrer plus strictement les activités exercées à titre principal.
Homologation des salles et exigences de sécurité
L’arrêté introduit également l’homologation obligatoire des salles de spectacles, avec pour objectif de renforcer la sécurité du public, des artistes et des équipes techniques. Cette mesure répond à une préoccupation croissante : limiter les risques liés à la surfréquentation, aux incidents, aux installations non conformes, ou encore aux dispositifs de contrôle insuffisants.
Billetterie informatisée : vers plus de transparence et moins de fraude
Autre point clé : le texte met en avant la billetterie informatisée comme outil central de modernisation. Celle-ci est présentée comme un levier de lutte contre la fraude et un instrument de transparence économique.
Selon les informations communiquées, la billetterie informatisée deviendrait obligatoire à compter du 1er janvier 2026pour les salles de plus de 200 places.
Période transitoire et sanctions prévues
Le texte prévoit une période transitoire de six mois pour permettre aux acteurs de se mettre en conformité.
En parallèle, il introduit des sanctions en cas d’exercice illégal ou de manquements graves, incluant notamment des amendes annoncées entre 3 et 5 millions FCFA, ainsi que des mesures comme la fermeture des lieux ou le retrait de licence en cas de fraude.
Une réforme qui repositionne la billetterie comme “infrastructure” de l’événementiel
En toile de fond, cette réforme confirme une tendance majeure du secteur : l’événementiel ne se résume plus à une programmation artistique et à une communication, mais repose désormais sur une infrastructure complète — sécurité, process, traçabilité, et expérience public.
Pour les plateformes de billetterie, cette évolution ouvre la voie à de nouveaux standards : contrôle d’accès digital, validation QR, reporting des ventes, transparence des transactions, et fiabilisation de la relation entre organisateurs, salles et spectateurs.
